Belle-Ile (56) en 4 jours par le sentier côtier, 90km

Préparatifs :
Dans tous les cas, je devais partir... j'ai envisagé en premier lieu de descendre la Dordogne en canoë sur 5 jours mais celle-ci étant en crue, j'ai opté pour le plan B.
Et quel bon plan ! Faire le tour de Belle-Île par le sentier côtier en 4 jours !
Avant de partir, je me suis équipé chez Décathlon, pantalon imperméable respirant, cape pour protéger le sac à dos et moi-même...
J'ai aussi pris une Lightent1 et un sac de couchage 0° tous deux les plus légers possibles.
J'avais déjà les chaussures de rando utilisées plusieurs fois, et le sac.
Mon sac faisait environ 15kg mais un bon conseil si vous souhaitez faire cette rando : n'emportez pas de nourriture avec vous (ce que je n'ai pas fait) il y a suffisament d'alimentations ouvertes dans les quatre différentes bourgades.
Par contre, emportez avec vous des barres énergisantes, c'est vital !
J'ai emporté ma montre GPS GlobalSat GH-615 qui manque carrément d'autonomie, m'enfin cela m'a permis de tracé sur GoogleEarth l'itinéraire de la première journée et de relever des points d'intérêts sur les autres journées.

J'ai préparé mon parcours grâce au site web belle-ile.com

Et sans oublier l'arme photographique toujours en main, un Kodak EasyShare P850 que j'emmène partout.


1ère journée, 5 mai : LE PALAIS => SAUZON : 23,5 km
Arrivée à Quiberon après 2h de route sans encombre, et le premier sentiment de liberté ne se fait pas attendre lorsque je demande à la guichetière un billet aller, sans retour...
Embarquement 9h10 sur le Vindilis et arrivée vers 10h15 au Palais.
Une photo du port et c'est parti.

Les dix premières minutes sont terribles dans la montée de la citadelle Vauban. C'est la mise en route !
Puis, le sentier côtier s'ouvre à moi en descendant par un petit escalier.

Les landes sont fleuries et parfumées de coco (?), l'eau est aussi bleue que le ciel s'y reflétant.

De crique en crique, le paysage est superbe.

Cependant, il faut garder l'oeil sur ses pas, les glissades ne sont pas rares surtout dans les sous-bois.
La sente est parfois très pentue, et ce soleil de plomb est épuisant. M'enfin, j'allais pas me plaindre du beau temps non plus !

Pause dèj après la pointe de Kerzo dans une crique. Déchaussage et trempette des pieds bien méritée. Le froid me saisit à en raidir les mollets par des crampes (un des symptômes de l'hydrocution).
Je sors de l'eau, dommage mes pieds s'y trouvaient bien !
45mn de pose et c'est reparti par une supercôte digestive qui me flingue... puis arrivée finalement à Sauzon par le fond de l'aber.

Le programme initial était d'aller jusqu'à la pointe des Poulains mais mort étais-je. Direction premier camping "La Source".
Le gérant très sympathique me dit qu'il est vraiment dommage de ne pas pousser jusqu'aux Poulains... j'installe la tente puis je vais à Sauzon pour visiter cette petite ville... sans sac à dos c'est easy wright.

300m de marche plus tard, je me retrouve devant un loueur de cycles... ni une ni deux j'en loue un pour 6 euros et vais à la pointe des Poulains, non mais !
J'y arrive en 15 minutes alors qu'il m''aurait fallu 1h30 avec mon sac à dos (sans compter le retour).

Photo en chemin.

Le site est splendide mais j'arrive trop tard pour passer sur l'île du phare, la marée haute m'en empêchant.
D'ailleurs quelques touristes se sont fait avoir par la marée et devront se déchausser au retour, ils auront de l'eau jusqu'à mi-cuisse.
Ils doivent aussi prendre leurs petits chiens qui n'ont pas patte !


Retour à Sauzon, des côtes sympas aussi en vélo...
Arrêt au troquet du phare de Sauzon pour goûter à la Morgat ambrée brassée sur l'île...

Selon mon gps, 22,320 km parcourues à pied et à vélo (5-6km) en 4h16 (pauses y compris). Pointe à 42,4 km/h en vélo.
Fichier kmz pour visualiser le parcours dans Google Earth disponible ici.


2ème journée, 6 mai : SAUZON => BANGOR : 30,5 km

Départ à 8h30, après une nuit un peu difficile à cause de jeunes du camping qu'on égorgeait je pense (au vu des braillements qu'ils poussaient... enfin bon j'allais pas les blâmer, y a pas si longtemps j'étais aussi débile que ça), puis beaucoup de pluie vers 4h-5h...

Nuages très gris, ma montre gps n'a plus de pile et le chargeur solaire que j'ai emporté avec moi n'a pas pu le recharger, curieux, je vais devoir trouver autre chose pour recharger ma montre à l'avenir.

Je me dirige vers l'Apothicairerie et j'utilise donc ma boussolle manuelle ! Bien fait de l'emmener, j'ai pas confiance en l'électronique, ça vous laisse toujours tomber un moment ou l'autre.

Un Coucou vole à 20m de moi et me dis bonne journée par deux fois avec son cri si spécifique, sympa le piaf !
Ensuite beaucoup de plateaux qui me changent des sentiers pentus de la veille, alternance de criques et de petites plages au bout de vallons.

La végétation dense dans ces vallons rend l'air étouffant. Les nuages se dispersent vers 10h, laissant la place au Soleil.

Arrivée à la plage du Grand Donnant, un site vraiment beau où je serais bien allé faire trempette mais le chemin est encore long.

Continuation du sentier jusqu'aux îles Baguenères où je déjeune 45mn avec une mouette pas farouche du tout.

Reprise toujours difficile après la pose, j'arrive aux Aiguilles de Port Coton, l'un des plus beaux sites de l'île à mon avis.

Je croise deux pêcheurs au port du Domois qui ont pris quelques araignées. L'un deux me prend un peu pour un dingo de faire le tour de l'île, seul... à part mes mollets qui commencent à lui donner raison, je ne vois pas où est le problème.
Je continue le sentier, je me perds une fois obligé de rebrousser chemin par un sentier très pentu, c'est très ballot...

J'arrive enfin à la plage de Kérel que je voyais de loin. Il est alors 15h30 et j'en profite pour réitérer le bain de pieds et mollets. L'eau est plus chaude et presque baignable dans cette plage sableuse et plate.
Puis retour par la route en passant par GrandVillage jusqu'à Bangor. 6h15 de marche (pause y compris sauf pause déj) pour 30km environ.

Et puis je m'installe au troquet de Bangor, le seul ouvert, pour goûter à la Morgat blanche, moins goûtue que l'ambrée et plus pétillante... Et puis une ambrée tiens pour bien voir la différence !

Arrivée au camping municipal de Bangor, ouvert, mais accueil fermé : "Si vous arrivez et que l'accueil est fermé, installez vous et nous verrons cela demain"... bah merci mais je serai parti tôt demain matin... camping gratos.
Du coup, j'ai bien fait de reprendre une bière au troquet, sinon je serais arrivé alors que l'accueil étais ouvert...
Il faut dire que je me suis un peu senti seul au monde à l'arrivée dans ce camping, personne... si deux groupes de personnes sont arrivées 1h plus tard.

Et puis resto pour la soirée où je crois avoir mangé la meilleure pizza de ma vie ! Goûtez la pizza Moussaka au restaurant Le Caméléon (gérant super sympa).


3ème journée, 7 mai : BANGOR => LOCMARIA : 23 km

Le parcours est catégorisé "sportif" et me nourrit de quelques inquiétudes. Etant donné que j'en ai plein les bottes de la veille, je doute sur mes capacités...
Départ 8h15.

Je suis quand même en forme et j'arrive à la plage d'Herlin par un sentier boisé.

C'est parti pour quelques montées/descentes à enchainement qui se font plutôt facilement.
A part quelques montées franchement raides, cela n'est pas si "sportif" que cela. D'ailleurs, mes mollets commencent à comprendre l'effort et [Musique de fond : Terminator] la douleur n'est plus qu'une information.
Le métier est rentré !

Très bizarrement, je ne croise ou ne vois aucun marcheur, aucun randonneur ; je suis vraiment seul dans ce fabuleux paysage : un vrai bonheur !


Je marche si bien qu'à 12h il ne me reste plus que 4km à faire.
Pause déjeuner, bien méritée quand même.
J'en profite aussi pour prendre ma tronche en photo.

45mn plus tard, je continue la randonnée 1h15mn durant dans une végétation luxuriante, étouffante.

Arrivée à 14h à Port Maria. Une montée raide de 500m environ mène au bourg de Locmaria.

Puis la suite vous la connaissez... troquet et installation au camping municipal Lannivrec de Locmaria.


4ème journée, 8 mai : LOCMARIA => LE PALAIS : 17,3 km

Après une courte nuit because de l'orage entre 3h et 6h, pluie battante et tonnerre... réveil plus tôt alors que la pluie a stoppé depuis un petit moment.
Le ciel zèbre encore sans pluie et le ciel est très très orageux avec le soleil se levant, c'est vraiment beau.
Départ à 7h40 exactement.

Après 30mn de marche, je ne me pose plus la question "est-ce que je vais passer à travers l'orage qui vient de l'ouest" mais "combien de temps me reste-t-il avant de me changer ?"...

Petites gouttes annonciatrices, je me change, mets le pantalon imperméable respirant, le puncho me couvrant le sac à dos et moi-même... je suis paré et je range l'appareil photo, tant pis.

Les petites gouttes deviennent grosses, très grosses, c'est la big averse d'orage avec le tonnerre en sus, grandiose !
Je suis seul, pas une habitation en vue, pas un bateau en mer, avec ce déluge et ce tonnerre, j'éprouve Ce sentiment immense de liberté, de bonheur, de communion avec la nature et les éléments, j'exalte ! Le panard total quoi !
Cela dura 10-15 minutes environ ainsi, et moi qui aime bien le proverbe breton : "En Bretagne, il ne pleut que sur les cons"... je dois être un gros con là...
Après plusieurs averses dont une autre importante aussi.

Cette excellente expérience m'a permis de tester l'étanchéité parfaite de mes chaussures, de mon pantalon, de ma cape.
Et comme dirait le vieux campeur, il n'y a pas de mauvais temps, mais des mauvais vêtements ! Rien de plus vrai !

Vers 10h30, je tombe sur un couple de randonneurs Rémois fort sympathiques qui font le tour de l'île en ayant loué un appart au Palais, et ils prennent le bus pour faire leurs randos.
Excellente solution pour ne pas se trimbaler sa maison sur le dos et en ayant du confort le soir en rentrant.
J'en ai croisé d'autres qui vont de gîte en gîte, cela évite aussi, la tente et tout l'bardas.

Finalement, au détour d'une côte, j'aperçois Le Palais à environ 2km, une pacotille, je réalise que j'ai réussi ce tour de l'île avec mes doutes sur mes capacités à le faire. Un grand moment de joie aussi.
J'arrive à 12h10 au Palais, 17km en 4h30, bah oui je sais c'est pas très rapide, sauf que la pluie a rendu le sentier très glissant par endroit et j'ai un peu plus de 90 bornes dans les mollets avec ma maison sur le dos, alors j'vous vois v'nir là !

Retour sur le continent par le Locmaria 56 ultrarapide, 20 mn de traversée, j'étais dans un tgv aquatique... enfin c'est l'impression que cela m'a donné.

Voilà, fin du périple, je suis heureux ! Si vous voulez des renseignements, n'hésitez pas à m'écrire !

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